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Côte d’Ivoire : du rêve au cauchemar (11.09.2005)
par fifaworldcup.com
Les images sont dures. Des supporters vêtus aux couleurs ivoiriennes crient, hurlent, pleurent sur la pelouse du Stade Houphouët-Boigny d’Abidjan ce 4 septembre 2005 vers 18h00. Ils sont inconsolables, se demandent ce qui s’est passé. Ils ont sans doute compris que le rêve de voir leur selection jouer une Coupe du Monde s’est éloigné. Le Cameroun d’Achille Webo est passé par là .
Tous les Ivoiriens y croyaient. Soixante-douze heures avant le coup d’envoi, les rues d’Abidjan vibraient déjà de célébrations anticipées. Dès les premières heures de la journée du match, ils ont pris d’assaut les gradins du « Felicia » et ses alentours, pour chanter, danser et galvaniser leurs troupes.
Au son de la musique locale (zouglou) et au rythme des nombreuses danses créées pour l’occasion, ils ont chauffé l’ambiance. La « drogbacité » notamment fait fureur. Une danse très en vogue en Côte d’ivoire, faite de mîmes de phases de jeu telles l’aile de pigeon, l’amorti, le coup de tête, propres au héros national, Didier Drogba. En dehors du stade, les concerts de klaxons des automobilistes étaient perceptibles dans toute la ville. Certains affirment que les rues sont rouges. Du sang des poulets sacrifiés, tradition ancestrale en Afrique. Pour porter chance aux Eléphants.
Ils sont venus de tous les coins du pays, vêtus aux couleurs « orange-blanc-vert », pour repondre à l’appel des autorités, des joueurs et des médias qui avaient sonné la mobilisation. Lorsque le onze camerounais arrive sur la pelouse pour l’échauffement, les supporters ivoiriens tentent de les impressionner. Mais les Lions indomptables , en vieux briscards, sont impertubables. L’arrivée des Eléphants est elle saluée par des tonnerres d’applaudissements. Puis les noms des héros ivoiriens, Drogba, Bonaventure Kalou, Aruna Dindane, Kolo Touré ou Baky Koné sont scandés et résonnent dans le stade.
Abramovich et Mourinho étaient lÃ
Quelques minutes avant le coup d’envoi du match, ce qui était une rumeur depuis plusieurs jours en Côte d’Ivoire finit par être avéré. José Mourinho, l’entraîneur de Chelsea où jouent Didier Drogba et Geremi Njitap, apparaît à la tribune officielle accompagné de Roman Abramovich. Les dirigeants londoniens ont droit à une standing ovation, le nom de Mourinho est repris
enchœur par le supporters.
A l’entame du match , toutes les actions offensives des Eléphants déchaînent les passions, suscitent des cris et des applaudissements. Le public est excité, saute, trépigne. Jusqu’à la 29ème minute, lorsqu’il est calmé dans ses ardeurs par le but de Achille Webo d’un retourné du pied gauche. Le « Felicia » prend une douche froide. C’est un silence de cathédrale, seule la poignée de supporters camerounais jubile.
Mais huit minutes plus tard lorsque Didier Drogba égalise, les travées s’embrasent. La terre paraît tremblée à l’exultation du public. Des supporters évanouis sont secourus de toutes parts dans les gradins. Les sapeurs pompiers et autres agents de secours sont vite débordés.
Achille Webo douche encore cet enthousiasme juste avant la pause. A la reprise , après deux minutes de jeu, Drogba remet les deux équipe à égalité d’un splendide coup franc. Alors la réaction des supporters ivoiriens est à peine descriptible. Une nouvelle vague d’évanouissement intervient. Le rêve mondial se poursuit.
Achille écrase le rêve ivoirien
Mais les Camerounais ont décidé de gâcher la fête. A sept minutes du terme, Achille Webo, bourreau en titre, reprend victorieusement d’une tête plongeante un coup franc de Geremi repoussé par le poteau. Ce troisième but camerounais anéantit les espoirs ivoiriens. Le silence qui suit est aussi intense que le delire qui avait salué l’égalisation ivoirienne.
Déjà , les premiers supporters vident les gradins. Ils sont convaincus qu’une qualification ivoirienne releverait désormais du miracle. Les derniers instants du match sont insoutenables pour le banc ivoirien et pour les tribunes. Les Camerounais, en joueurs expérimentés, maîtrisent leurs nerfs jusqu’au coup de sifflet final.
Ils n’exultent pas, conscients sans doute de la déception du peuple ivoirien. Le stade se vide rapidement et dans le calme, seuls quelques supporters tentent de jeter des projectiles sur la pelouse.
Dehors, les rues sont désertes. Point de musique ni de klaxons. La plupart des "maquis", sorte de bar-restaurant-dancings en plein air, prêts pour la fête, ont fermé plus tôt que prévu. La ville est triste, tout le monde est assommé. Achille Webo a tourné le rêve ivoirien en cauchemar. Lundi, le pays s’est réveillé groggy.
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